une caricature de débat

Il y a une telle absence de débat en France, qu’on réalise que tout se passe via une propagande sur les réseaux sociaux pour aboutir à des fake news repris par les médias traditionnels. Dernier exemple en date, le « clash » entre Sonia Mabrouk, lydia Guirous et Marwan Muhammad. Sonia mabrouk journaliste qui lutte contre l’islamisme, Marwan Muhammad Directeur exécutif de l’association Collectif contre l’islamophobie en France et Lydia Guirous ancienne porte parole des républicains qui prône une laïcité extrémiste. Je vous laisse regarder le débat et on reprend après…

bon. soyons clair. on assiste à un non-débat. Le représentant du CCIF explique qu’il n’y a pas de communauté musulmane. Le ton est posé et calme. Lydia Guirous répond à coté en expliquant qu’il n’y a pas de vote musulman. Elle est reprise par Ardisson qu’il lui explique qu’il existe un vote juif, paysan …etc. Celle ci balance donc un discours sur la difficulté de critiquer l’islam et la dérive de la gauche qui est complice de l’islamisme. Classique.
Sonia Mabrouk intervient  » moi cela me fait toujours rire de voir les professionnels qui parlent au nom de tous les musulmans et qui parlent au nom de l’islam. Pardonnez moi monsieur mais je tiens à vous le dire vous êtes une caricature et une imposture pour moi donc si je suis resté sur ce plateau c’est par correction c’est mon éducation qui le veut et par correction pour thierry Ardisson, vous ne représentez rien, absolument rien monsieur et ce que je veux dire c’est que qui peut parler au nom des musulmans ? personne…eux mêmes ceux qui travaillent pour leur crèmerie font leur miel sur l’islam ils ne représentent rien absolument rien »

On fait une petite pause pour renifler les arguments. Le sujet du débat est « y a t-il un vote musulman ?  » Sonia Mabrouk dévie donc la discussion sur la personnalité de Marwan Muhammad. Le téléspectateur comprend vaguement qu’elle le trouve caricatural ( pourquoi ? on l’ignore) et elle lui reproche de vouloir représenter les musulmans. Je ne veux pas être méchant mais Sonia Mabrouk ne maîtrise pas le sujet. Si elle avait eu la curiosité de lire le livre de son adversaire elle aurait pu lire ceci dés le prologue :

ok je lis déjà les premiers commentaires. « Bobig le CCIF a des idées dangereuses on ne peut pas les laisser faire !!! sonia Mabrouk a raison de ne pas discuter avec lui »

Non justement ! Quel est l’Intérêt de diaboliser un mouvement alors que le débat permet de démontrer les dérives. Le CCIF est apparu en France car les autres associations anti-racistes n’ont pas fait leur job c’est à dire défendre les victimes d’islamophobie. Etant donné que le débat dérive sur le CCIF j’aurais posé de simples questions sur la défense de cas d’islamophobie qui n’en sont pas (fermeture d’école illégale ou de mosquée qui contrevenait à la loi, la suspension d’animateurs à gennevilliers qui étaient plutôt une garantie de sécurité qu’une action anti-musulmane) j’aurai posé la question de la personnalité d’Hani Ramadan dont le CCIF semble proche.
Avec des cas concrets j’aurai critiqué les excès de CCIF comme je peux critiquer SOS racisme ou autre. Sans doute, Marwann Muhammad aurait répondu. un débat sain où chacun peut ensuite se faire une opinion.

A la place on a eu, une fois de plus, un non dialogue. On n’y comprend rien, Marwan Muhammad peut à peine répondre. On mélange les frères musulmans, la sharia, chacun se balance des accusations. Bref, zéro pour Sonia Mabrouk…Et pourtant, regardez ce que je trouve sur les réseaux sociaux.

De la belle propagande, des personnes et des journaux ( ici et ) qui voient un débat où il n’y avait que du vide. alors vous allez me dire « Mais bobig tu ne tapes que sur le CCIF et Sonia Mabrouk ? »

Alors oui, le débat aurait pu être intéressant avec l’expérience de la Tunisie, pays d’origine de Sonia Mabrouk. S’il y avait pu avoir dialogue j’aurai demandé à la journaliste ce qu’elle pensait de l’oppression des musulmans sous Ben Ali, où aller à la mosquée à la prière de l’aube avait pour conséquence un tour au poste et on arrachait les voiles aux femmes et où ce dernier était interdit en université (comme le souhaite Lydia Guirous). A la place, on a entendu le mot caricature plusieurs fois et pas de débat.

On parle de caricature, cette séquence de télévision en était le parfait exemple.

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