Le rom lynché

Au détour de mes surfs sur l’actualité, je suis tombé sur la photo du jeune rom lynché connement par des crétins barbares. Cette image cauchemardesque s’est imprimé sur ma rétine. On est dans une société mitraillée par l’image et celle ci au lieu de nous éveiller l’esprit, nous l’endort. L’image supplante le mot. L’image du rom ne m’a pas fait réfléchir mais uniquement choqué. la question que je me pose bêtement : est ce qu’il est nécessaire de montrer l’image d’un adolescent battu à mort pour témoigner de la barbarie ?

Retourner sa veste avec NKM

Je réalise souvent que des articles ou autres liens glanés sur le web expriment mieux ma pensée qu’un long texte de mon cru. Je commence avec Nathalie Kosciusko-Morizet qui après une campagne présidentielle et législative à la botte du FN retrouve soudain son opinion d’antan.
Tout commence avec ce tweet de Philippe Bilger

En début de journée, je tombe sur cet article du Rue89 qui résumé très bien l’historique du mode de pensée de NKM.

Je pensais bêtement que cette femme avait un courage politique, je me suis planté…Il faut reconnaitre que lors de ces élections le seul personnage politique qui a été jusqu’au bout de ses conviction est François Bayrou. Un exemple à suivre pour NKM ?

La jeunesse aime le front national ?

Étrange époque. 1989. Il y a plus de vingt ans, la jeunesse n’aimait pas le front national. Bérurier noir gueulait méchamment qu’on emmerdait ce parti de fachos. Le groupe punk hurlait que les jeunes ne voulaient plus des 20 % pour Le Pen.

2012. Bordel de merde ! Toujours 20 % de fachos. Pire, je lis ça et là que la jeunesse française se reconnait dans les valeurs du FN. Flippant. Anecdote : En me baladant et en observant les panneaux électoraux, les affiches des candidats du FN sont intactes. Même pas un graffiti vengeur ou un arrachage. Fût une époque où adolescent je dégainais mon cutter pour défigurer la tronche du père de Marine.

Marine Le pen avec ses idées d’exclusion semant la haine, fait désormais partie du paysage politique au même titre que l’UMP et le PS. La jeunesse aime le front national. Comment en est-on arrivé là ?  Comment peut on tomber dans le panneau du discours lépeniste ? les jeunes français sont ils si cons que ça ?
Putain faites moi plaisir ! Arrachez les affiches du FN pour me rassurer ! Je veux du gribouillage sur leurs tronches de merdeux aux idées puantes !

En 1989, je me reconnaissais dans la chanson des bérus, 20 ans après, j’ai toujours la même opinion :
J’emmerde le front national !

Le Schtroumpf grognon

Hier midi, lors d’un bon petit repas, une amie me conseille un site d’art qu’elle lit régulièrement « Le Schtroumpf Emergent ».

– C’est quoi ce site ?
– Tu verras Bobig, c’est très bien. ça parle d’art contemporain, tu vas apprécier…

Le soir même, je me connecte, heureux de découvrir une nouvelle source d’information. Mise en page minimale, l’auteur s’appelle Nicole Esterolle qui développe un concept simple : Le Schtroumpf Emergent. j’ai vite compris que derrière ce qualificatif était décrit l’artiste contemporain. Je cite :

Le Schtroumpf émergeant ne sait pas dessiner ni peindre. Il bricole tout juste. Il est parfaitement inculte en histoire de l’art, hors celle qui concerne ses référents. Il est puissamment armé en arguments rhétoriques d’une extrême sophistication, qu’il peut répéter mécaniquement ; et qui lui permettent de justifier son engagement socio-esthétique, sa lutte contre le vilain bourgeois réactionnaire, sa volonté farouche de déconstruire les modèles, de dénoncer la ringardise, de faire exploser les conventions, les codes, les icônes, etc. ; et de fusiller sur le champ les mécréants qui osent douter de la pertinence de ces inepties. C’est un vrai révolutionnaire terriblement subversif et hautement performatif, une bombe conceptuelle capable de faire péter les icônes, comme les talibans les statues de Bouddha.

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En lisant ce texte , on pense vite que l’auteur est la cousine du Schtroumpf grognon, il y a du mépris. Je suis un peu déçu mais la visite n’est pas terminée. je continue mon exploration des lieux en dirigeant mon attention vers la rubrique « Le mot de Nicole Esterolle ». Je vais faire de la psychologie de seconde zone mais en lisant sa présentation, on sent de l’aigreur. L’auteur spammait régulièrement 3000 (!!!) journalistes chroniqueurs et critiques d’art des principaux journaux français sans aucun résultat. Peu importe, son désir de s’exprimer est trop fort, d’où la création du site…pour installer un lieu d’échanges d’informations et de réflexions sur cette étrange production schtroumpf que l’on appelle « art contemporain ».

Première réaction, je fonce regarder les commentaires du blog. et là, ça commence trés mal : Sur la première page, les commentaires sont fermés. On réalise vite que ce blog ne partage rien à part un soliloque agressif. L’objectif est simple : prendre un artiste contemporain et se moquer de son parcours, de ses idées, de son travail bref Nicole Esterolle me fait furieusement à Jean Pierre Pernaud à la grande époque de « combien ça coute ». L’écriture n’est pas régulière. En furetant dans les articles on découvre ça et là des copiés collés d’articles de Paul Ardenne. Peu importe. Le désir de ce site est de taper sur l’art contemporain. Point barre. Le seul soucis est que les arguments sont convenus. N’est pas Yves Michaud qui veut.

Pire. En lisant certaines de ses chroniques, mon esprit, sans doute trop simple, finit par trouver que l’auteur fait à son tour de la branlette conceptuelle. Un comble pour quelqu’un qui exècre ce domaine artistique. J’ai recherché en vain une amorce de dialogue dans les commentaires autorisés. Rien. Pas de dialogue, pas de débat. Et un manque de tolérance inquiétant.

Cela me conforte dans mon opinion. Le territoire artistique est un monde avec de multiples facettes. On peut ne pas apprécier l’une ou l’autre. mais le discours agressif ne mène généralement à rien. On atterrit toujours dans ce cercle vicieux où aucun dialogue n’est possible. Chez les pro comme les anti-art contemporain, certains ont de telles certitudes qu’ils souhaitent les imposer à autrui. Alors que finalement à y bien réfléchir, il n’y a pas qu’une seule vérité en art mais des vérités et chacun peut y trouver son compte. Il ne faut pas oublier une idée primordiale que le critique d’art Etienne Choubard m’a dit il y a quelques années :

L’art c’est n’importe quoi, et c’est tant mieux

Propagande du vote

Je suis allé voter ce matin sans grande passion. La campagne m’a semblé terne. Pourtant, comme à chaque fois, j’ai trouvé la motivation suffisante pour me déplacer vers le bureau de vote. C’était un joyeux bordel. Beaucoup de monde, peu d’isoloirs, Chacun mettait son bulletin aux yeux de tous…Bref, j’ai voté.

Mais car il y a un mais…j’avoue avoir eu l’idée de m’abstenir tellement la campagne de promotion du vote m’a soulé. Le matraquage était pire qu’une publicité sur les tubes de dentifrice ou la lessive bon marché. Palme d’or au petit journal. Avec l’édition ci dessous :

 

En résumé, ceux qui ne votent pas sont des feignants et manquent d’idées et de courage. Hé dis donc les gars et les filles canal plus ? ça serait bien d’arrêter de vous foutre de la gueule du monde..et si le refus du vote était justement une prise de position courageuse loin du consensus mou dont nous abreuve votre chaine. Et si derrière le refus du vote il y avait au contraire de bonnes idées ? Avant de faire de la propagande publicitaire en faveur du vote, vous pouvez parfois lire des textes qui offrent une autre vision…Un peu de tolérance ne ferait pas de mal en respectant les votants et les non-votants…

Les prédictions de Madame Lagarde

Il y a quelques jours, j’ai failli recracher mon pain aux raisins en lisant cet article du monde.fr.  La directrice générale du FMI nous y expliquait que « Le risque de crise grave en zone euro est « écarté », Au moment où nous parlons, il semble que c’est en bonne voie. Et il semble que les chiffres sont prometteurs »

Flash-back. Nous sommes en Aout 2007. Lors de la crise des subprimes aux Etats-Unis, la même personne déclarait « que la crise des subprimes n’affecterait pas la croissance française ». Force est de constater que Christine Lagarde n’a pas le même talent de prédiction que Madame Irma. Il y a de quoi avoir peur.

Les ténors de la majorité

Je lis le titre de la presse « les ténors de la majorité n’y croient plus ». je pars sur wikipédia pour vérifier la première définition de « ténor » :

Dans la musique occidentale, le terme ténor (du latin tenere : « tenir ») désigne une tessiture instrumentale ou vocale entre l’alto et la basse. Dans la musique vocale (baroque excepté), elle correspond à la voix masculine la plus aiguë.

Tout s’explique ! A force de pousser la chansonnette islamophobe et autres polémiques , les ténors de l’UMP ont perdu leurs voix.

L’art à tout prix

Les émissions sur l’art contemporain sont rares. Aussi, j’étais impatient de visionner « l’art à tout prix » sur France 2. Première remarque avec le titre . Les artistes sont prêts à tout pour avoir un prix ? l’art a un prix ? c’est bien vu mais ça donne une image ambigüe de l’art et des artistes. Pas si positif pour réhabiliter l’art à la télévision.  Bon j’arrête de faire le vieux con, c’est parti pour l’émission présentée par Olivier Picasso (petit fils de..) et Wendy Bouchard.

Voici le pitch :

Depuis le Centre Georges Pompidou, à Paris. Mircea Cantor et Samuel Rousseau, plasticiens, Damien Cabanes, peintre et sculpteur, ainsi que Guillaume Leblon, sculpteur, rivalisent pour l’attribution du prestigieux prix Marcel Duchamp. Une immersion dans les coulisses du monde de l’art contemporain avec ces quatre artistes suivis au plus près : Mircea Cantor et Samuel Rousseau, tous deux plasticiens, Damien Cabanes, peintre et sculpteur, ainsi que Guillaume Leblon, sculpteur. Ces quatre artistes vont créer une oeuvre, présentée à la FIAC (la Foire Internationale d’Art Contemporain à Paris), là où sera désigné le lauréat du Prix Marcel Duchamp. Ils sont filmés dans leur atelier, sur les lieux de leur inspiration, au cours de leurs expositions

Je m’installe au fond du canapé. Je connaissais le travail de Mircea Cantor et Damien Cabanes, un peu moins les deux autres artistes. La musique new wave donne un côté branchouille, mais le côté concurrence entre artistes fait penser aux mauvaises émissions de télé réalité. Exemple avec la phrase « Qui de ces quatre artistes va remporter le prix Marcel Duchamp ? » On dirait du Denis Brogniart dans Koh Lanta. J’adhère moyennement.

On suit donc les parcours et les œuvres proposées jusqu’au jour de l’exposition à la FIAC. Sur les quatre artistes, un seul est réellement attachant, c’est Damien Cabanes. Le peintre est à fond dans la matière (peinture et sculpture), il parle peu et on le sent dans sa petite bulle. Les autres artistes m’ont fait l’impression d’être des vendeurs d’aspirateur. De l’ego, un discours bien huilé sur leurs travaux. je suis peut être trou du cul mais j’ai senti un peu du vide. Comme si faire artiste était plus important qu’être artiste.

Diverses séquences tentent de nous expliquer l’intérêt de l’art contemporain trop superficiellement. Au fur et à mesure du visionnage, je m’interrogeais et posais la question sur les réseaux sociaux :
Le prix Marcel Duchamp ça pue du cul. Non ?. J’ai eu une réponse de Jean-noël Lafargue qui résume bien la situation :

C’est une tentative pour faire connaître, au niveau international, des artistes français « bankables ». Ni mieux que ça, ni pire.

Plus jeune, je rêvais d’appartenir au milieu de l’art contemporain. Avoir un style et le cracher à la gueule du monde entier. Les concours de circonstances (timidité, manque de courage, procrastination…) ont fait que j’ai vite renoncé à cette profession d’artiste. Je ne le regrette pas du tout. Avec le recul, je ne conçois plus l’art comme une profession. Toutes les démarches à faire pour se mettre en avant sont une perte de temps. mes chevilles enflent mais je pense que je suis dans la droite ligne d’Henri Matisse. A Russell Warren Howe lui demandant en 1949 ce qu’il ferait s’il était un jeune peintre aujourd’hui, Matisse répondait :

« Si j’étais un jeune peintre,je prendrais un métier comportant un salaire et ainsi je serais indépendant et pourrais peindre en toute liberté. Mon art n’en souffrirait pas. Si je faisais de la mauvaise peinture, si je décorais des biscuits de Noël, là oui, mon art en souffrirait, mais employé de banque ou charger les trains de marchandise ferait au contraire très bien l’affaire. » (in Henri Matisse – Ecrits et Propos sur l’Art- Collection Savoir- Ed. Hermann ).

Tout est dit.

Les limites du Sarko bashing

La semaine dernière, un documentaire « Looking for Nicolas Sarkozy » a été diffusé sur Arte. Le lien est depuis passé sur chaque réseau social. Chacun criant sa haine du Président actuel. La difficulté avec l’antisarkozysme primaire est qu’il peut attirer la sympathie des cons. En voulant trop taper sur Sarkozy (faire du bashing), je crains qu’on le rende gentil aux yeux des crétins.

Je trouve qu’il y a danger à ce niveau et l’idée de se retaper cette présidence me fait froid dans le dos. On peut ressasser fouquet’s ou bling bling, Nicolas Sarkozy a les médias à sa botte. On finit par ne critiquer que ses attitudes et non ses idées puantes (Petit coucou à Guéant). Les points de vue et les anecdotes des journalistes étrangers sont aussi connus en France ( exemple les liens avec les médias ) et pourtant rien depuis 5 ans. Finalement, le gros soucis n’est pas la présidence de Nicolas Sarkozy mais la quasi-absence de journalisme d’investigation en France.