Marcel par çi, Duchamp par là

Pour savoir de quoi je cause, je vous conseille le petit lien wikipédia – ici – biographie rapide mais ce qu’il faut surtout retenir c’est le paragraphe suivant :

Marcel Duchamp a révolutionné la conception académique de l’art qui, jusqu’alors, ne jugeait la valeur d’une œuvre qu’à l’aune des efforts et du travail dispensés pour une finalité édifiante. L’hétérogénéité de ses moyens d’expression et la complexité de ses œuvres, de la peinture (Nu descendant un escalier en 1913), à l’installation plastique la plus hermétique (Étant donnés…, « inachevée » en 1966) en passant par les objets « tout fait » (Fontaine (un urinoir), Porte-bouteilles) décrétés œuvres d’art par sa seule volonté associées à sa constante revendication du « droit à la paresse », ne permettent de le classer dans aucun des mouvements artistiques du XXe siècle. Duchamp a traversé le cubisme, le futurisme, Dada et le surréalisme en s’excluant lui-même de tout courant.

En résumé, si je peux faire tout et n’importe quoi dans le domaine artistique c’est grâce à Marcel Duchamp. Cependant admettre une influence n’implique pas le culte de la personnalité. Pourtant depuis quelques décennies on subit une Marcelitte aigüe qui devient de plus en plus étouffante. Certains collectionneurs ont même inventé le prix Marcel Duchamp.

C’est bien simple. Quand je lis un article où l’on décrit un artiste comme le digne héritier de Marcel Duchamp, j’arrache la page et je la jette à la poubelle. Les critiques d’art ont si peu de choses à dire pour balancer cette ineptie à chaque nouveau artiste qui provoque des petits scandales à deux balles ?

Un exemple récent me vient en tête : Maurizio Cattelan. Une bonne partie des articles enfoncent le clou : « transgression des ready made de Duchamp » – « Maurizio Cattelan’s art-world reputation is as a kind of trickster figure in the tradition of Marcel Duchamp » – « À la manière de Marcel Duchamp »..pfiouuuuu n’en jetez plus…

Citer Marcel Duchamp dans un discours d’art contemporain ressemble au matraquage d’un tube sur les ondes de nos radios. Au départ, l’air est entrainant, mais cela devient vite insupportable.

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