L’art à tout prix

Les émissions sur l’art contemporain sont rares. Aussi, j’étais impatient de visionner « l’art à tout prix » sur France 2. Première remarque avec le titre . Les artistes sont prêts à tout pour avoir un prix ? l’art a un prix ? c’est bien vu mais ça donne une image ambigüe de l’art et des artistes. Pas si positif pour réhabiliter l’art à la télévision.  Bon j’arrête de faire le vieux con, c’est parti pour l’émission présentée par Olivier Picasso (petit fils de..) et Wendy Bouchard.

Voici le pitch :

Depuis le Centre Georges Pompidou, à Paris. Mircea Cantor et Samuel Rousseau, plasticiens, Damien Cabanes, peintre et sculpteur, ainsi que Guillaume Leblon, sculpteur, rivalisent pour l’attribution du prestigieux prix Marcel Duchamp. Une immersion dans les coulisses du monde de l’art contemporain avec ces quatre artistes suivis au plus près : Mircea Cantor et Samuel Rousseau, tous deux plasticiens, Damien Cabanes, peintre et sculpteur, ainsi que Guillaume Leblon, sculpteur. Ces quatre artistes vont créer une oeuvre, présentée à la FIAC (la Foire Internationale d’Art Contemporain à Paris), là où sera désigné le lauréat du Prix Marcel Duchamp. Ils sont filmés dans leur atelier, sur les lieux de leur inspiration, au cours de leurs expositions

Je m’installe au fond du canapé. Je connaissais le travail de Mircea Cantor et Damien Cabanes, un peu moins les deux autres artistes. La musique new wave donne un côté branchouille, mais le côté concurrence entre artistes fait penser aux mauvaises émissions de télé réalité. Exemple avec la phrase « Qui de ces quatre artistes va remporter le prix Marcel Duchamp ? » On dirait du Denis Brogniart dans Koh Lanta. J’adhère moyennement.

On suit donc les parcours et les œuvres proposées jusqu’au jour de l’exposition à la FIAC. Sur les quatre artistes, un seul est réellement attachant, c’est Damien Cabanes. Le peintre est à fond dans la matière (peinture et sculpture), il parle peu et on le sent dans sa petite bulle. Les autres artistes m’ont fait l’impression d’être des vendeurs d’aspirateur. De l’ego, un discours bien huilé sur leurs travaux. je suis peut être trou du cul mais j’ai senti un peu du vide. Comme si faire artiste était plus important qu’être artiste.

Diverses séquences tentent de nous expliquer l’intérêt de l’art contemporain trop superficiellement. Au fur et à mesure du visionnage, je m’interrogeais et posais la question sur les réseaux sociaux :
Le prix Marcel Duchamp ça pue du cul. Non ?. J’ai eu une réponse de Jean-noël Lafargue qui résume bien la situation :

C’est une tentative pour faire connaître, au niveau international, des artistes français « bankables ». Ni mieux que ça, ni pire.

Plus jeune, je rêvais d’appartenir au milieu de l’art contemporain. Avoir un style et le cracher à la gueule du monde entier. Les concours de circonstances (timidité, manque de courage, procrastination…) ont fait que j’ai vite renoncé à cette profession d’artiste. Je ne le regrette pas du tout. Avec le recul, je ne conçois plus l’art comme une profession. Toutes les démarches à faire pour se mettre en avant sont une perte de temps. mes chevilles enflent mais je pense que je suis dans la droite ligne d’Henri Matisse. A Russell Warren Howe lui demandant en 1949 ce qu’il ferait s’il était un jeune peintre aujourd’hui, Matisse répondait :

« Si j’étais un jeune peintre,je prendrais un métier comportant un salaire et ainsi je serais indépendant et pourrais peindre en toute liberté. Mon art n’en souffrirait pas. Si je faisais de la mauvaise peinture, si je décorais des biscuits de Noël, là oui, mon art en souffrirait, mais employé de banque ou charger les trains de marchandise ferait au contraire très bien l’affaire. » (in Henri Matisse – Ecrits et Propos sur l’Art- Collection Savoir- Ed. Hermann ).

Tout est dit.

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