Je suis un barbare

Tout commence par un simple tweet avec lien sur un article.

Je clique. je me frotte les yeux, je me pince le bras. la description faite de la banlieue est à vomir. je copie- colle un extrait :

On sait que la banlieue, notamment parisienne, est une poudrière, un « dépotoir » où nous parquons des populations en très grande difficulté sociale, en leur donnant juste de quoi ne pas crever de faim, et de temps en temps, un petit peu plus afin que certains puissent s’en sortir.

Vision apocalyptique à des années lumières de la réalité. Sans doute l’auteur trop marqué par le film « New York 1997 » ou « Mad max » transpose ses fantasmes sur la banlieue.

Pire , il prend les banlieusards pour des cons. Une phrase collector :

Jusqu’ici, on a du bol, ils restent confinés dans leurs secteurs, préférant rester en terrain connu, ce qui est compréhensible. Mis à part quelques flambées de violence, on ne les voit jamais à la télévision, donc ils n’existent pas aux yeux de la grande majorité de la population, qui en plus, préfère ne pas voir et ne pas savoir, ayant ses propres problèmes. Comme ils ne votent pas ou très peu, les politiques peuvent ne pas s’en occuper, ne pas vraiment les représenter et relayer leurs demandes

Cela va faire plaisir aux différents maires de banlieue (exemple Sevran) et les différentes associations actives apprécieront.

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Enfants de banlieue sur le chemin de l’école

L’ennuyeux dans cette histoire est que l’article se base sur une vague rumeur (à lire ici) et qu’il est bourré de clichés (à lire ici).

Je réalise soudainement que l’on me classe aux rangs des barbares sans que l’on me demande mon opinion. On me décrit comme un sauvage aux portes de la capitale sans que l’on mette le pied dans ma zone de non-droit.

 

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Mon jardin une zone de non-droit dans le 93

Monsieur Autheuil..si c’est possible de vous déplacer vers la banlieue sans protection policière et gilet pare-balle, vous êtes le bienvenu. Vous constaterez qu’il y a une population qui ressemble étonnamment à celle que vous fréquentez à Paris. Comme à Paris, il y a certains quartiers difficiles mais nous ne sommes pas encore plongé dans la barbarie. Faites un pas vers nous au lieu d’attendre une invasion.

ps : il est intéressant de lire les commentaires de l’article. L’auteur s’enferme hélas dans ses certitudes.

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